Différence eau de source /eau du robinet

Les eaux du robinet et les Eaux de Sources sont-elles comparables ?

Les Eaux de Sources doivent respecter dans leur état naturel, les limites de qualité microbiologique des Eaux Minérales Naturelles et comme la réglementation les y oblige, elles suivent les limites de qualité physico-chimique des eaux destinées à la consommation humaine, à savoir celles du robinet, figurant dans l’arrêté du 14 mars 2007. Consulter :
Téléchargement-réglementation eau

Microbiologie propre aux Eaux de Sources et aux Eaux Minérales :

Elles ne font l’objet d’aucun traitement de désinfection microbiologique quel qu’il soit et ne contiennent, bien entendu, aucun désinfectant rémanent. Les limites de qualité microbiologique des Eaux de Sources sont nettement plus sévères que les eaux du robinet :

   - Absence de germes témoins de contamination fécale, de bactéries opportunistes potentiellement pathogènes (Pseudomonas aeruginosa), de micro-organismes pathogènes (Legionella species et Legionella pneumophila), de parasites (Cryptosporidium, Giardia), d’algues ou de moisissures ;

   - La recherche de ces micro-organismes est effectuée sur un volume d’eau plus important (250 ml au lieu de 100 ml pour Escherichia coli, coliformes, Streptocoques fécaux et Pseudomonas aeruginosa - 50 ml au lieu de 20 ml pour les Clostridium perfrengens – seul le dénombrement total reste fixé à 1 ml) ;

   - Pour les eaux du robinet, on n’exige seulement que l’absence dans 100 ml d’Escherichia coli (E. Coli) et d’entérocoques.

Ces exigences écartent de facto toutes les eaux superficielles ou d’origines karstiques. L’absence d’algues, de moisissures et de parasites (Cryptosporidium et Giardia) est aussi un indice supplémentaire de la protection de la ressource souterraine.

Physico-chimie :

Les eaux du robinet et les Eaux de Sources doivent respecter les mêmes limites de qualité physico-chimique. Or, ces limites de qualité sont en fait des limites de sécurité sanitaire exprimées, pour chaque substance chimique jugée dangereuse pour la santé et uniquement celles-ci, en limite maximale par litre d’eau (milligrammes par litre ou microgrammes par litre).

Avoir les mêmes limites (ou critères) de qualité de paramètres sanitaires ne signifie nullement que les eaux contiennent les mêmes quantités d’éléments chimiques.

L’exemple des nitrates est éloquent : la teneur limite des nitrates dans l’eau est fixée à 50 mg/l. L’eau du robinet peut donc en contenir jusqu’à cette valeur, voire la dépasser comme en Bretagne. Si l’on prend comme exemple l’Ile-de- France, plus de 6 millions d’habitants sont alimentés par des eaux d’origine diverses dont les teneurs moyennes en nitrates sont de 20 mg/l avec un maximum de 40 mg/l. Par contre, les concentrations en nitrates sont toujours inférieures à 10 mg/l dans les Eaux de Sources en raison de leur origine souterraine et leur protection naturelle.

Autre exemple :
le chlore et les sous-produits de chloration. Le chlore est ajouté dans les réseaux, en sortie de station de traitement, pour prévenir la contamination de l’eau au cours de son trajet dans les réseaux qui sont parfois en mauvais état et dont les fuites sont nombreuses. Les eaux superficielles qui sont utilisées dans la production d’eau potable contiennent de fortes quantités de carbone organique dissous, souvent proches de 10 mg/l. L’action du chlore sur ce carbone organique provoque la formation de dérivés chlorés appelés sous-produits de chloration (SPC) qui sont notamment le 1,2 dichloroéthane, le tétrachloroéthylène et le trichloroéthylène ainsi que les trihalométhanes. Certaines substances sont cancérogènes et leur présence dans l’eau du réseau fait l’objet de nombreuses études notamment aux U.S.A. et depuis peu par l'Institut National de Veille Sanitaire (INVs) et l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA).

Les autres caractéristiques des Eaux de Sources liées à leur origine souterraine se différencient fortement des eaux de distribution publique par :
   - une très faible quantité de carbone organique total (teneur souvent inférieure à 1 mg/l),
   - l’absence de chlore libre et donc de tout SPC ;
   - une absence de phosphates, de bore et d’ion ammonium,
   - l’absence de métaux lourds d’origine anthropique (plomb, cadmium, cuivre…) ;
   - un bon goût ;
   - l’absence de pesticides de toute nature

Autre exemple : la présence de plomb dans l’eau du robinet : le plomb résulte de la dissolution des canalisations en plomb au contact prolongé d’une eau du robinet agressive. Pour lutter contre ce phénomène, le remplacement des canalisations en plomb par des matériaux plastiques est une solution, l’ajout dans l’eau de 1 à 2 mg/l de phosphates en est une autre pour créer un film dans les tuyaux. Toutefois, cette dernière solution ne fait qu’aggraver les rejets de phosphates dans l’environnement et ne suffira pas pour respecter, en 2013, la limite maximale de 10 µg/l de plomb dans l’eau. Pour la région Ile-de-France qui a produit 457,650 millions de m3/an (Paris 203,052 millions de m3 et le SEDIF 254,593 millions de m3) pour l'année 2007, l’ajout de phosphates à raison de 1 mg/l d’eau représentait un rejet de 457,650 tonnes de phosphates dans l’environnement.


L'eau du robinet est-elle consommable en permanence comme le sont les Eaux de Sources ?

Celle-ci devrait pouvoir être bue à volonté par toutes les catégories de population, en dehors des cas ponctuels de contamination. Or, ce n’est pas toujours le cas puisqu’elle n'est pas conseillée pour les femmes enceintes ainsi que pour l’alimentation des nourrissons lorsqu'elle est filtrée ou adoucie (selon les recommandations du Ministère de la Santé).