17-11-11

Résidus de pilule dans l'eau et cancer de la prostate auraient un lien

L'exposition chronique à de très faibles doses d'oestrogènes via les eaux du robinet aurait une incidence dans le cancer de la prostate.
Un lien entre contraception orale et cancer de la prostate ?

Source : D.Margel, N.Fleshner. Oral contraceptive use is associated with prostate cancer : an ecological study. BMJ Open, 14 novembre 2011

L’augmentation de l’incidence du cancer de la prostate est une préoccupation de santé publique. Toutefois, l’amélioration des techniques de dépistage et surtout le très grand nombre de mesures du PSA sont généralement les principales raisons évoquées pour expliquer cette augmentation. Mais une autre cause pourrait coexister : l’exposition environnementale chronique à de très faibles doses d’estrogènes, notamment via les eaux de boisson, ces oestrogènes provenant des pilules contraceptives.
Cette hypothèse est avancée par des chercheurs canadiens ; le travail de David Margel et Neil Fleshner est publié online dans BMJ Open. Pour établir cette hypothèse, les auteurs se sont appuyés sur les données produites par l’IARC (International Agency for Research on Cancer) et sur le rapport United Nations World Contraceptive Use 2007. En croisant les données pays par pays, ce travail démontre l’existence d’un lien entre d’une part l’incidence du cancer de la prostate et la mortalité imputable à ce cancer, et d’autre part le recours à la contraception orale. A contrario, aucun lien n’est retrouvé entre ce cancer et les autres modes de contraception, notamment le préservatif, le stérilet ou le diaphragme.
D.Margel et N.Fleshner évoquent la possibilité que les fortes doses d’éthinylestradiol retrouvées fréquemment dans les pilules actuelles et qui sont excrétées par voie urinaire sans avoir été dégradées, soient le facteur explicatif. Des doses résiduelles sont en effet retrouvées dans les eaux de boisson, voire dans la chaine alimentaire. Cette hypothèse mérite cependant d’être validée par d’autres études.